Dossier sur l’année des coopératives
Dossier n°1 : Les coopératives, un lieu de création de valeurs et de solidarités
2012, proclamée "Année internationale des coopératives" par l’ONU, est l’occasion pour la FNBP d’illustrer chaque mois la coopération en mettant en lumière les actions des Banques Populaires au travers de thématiques fortes liées à leur activité et leur histoire (microcrédit, artisanat, sociétariat, éducation...).
- 2012 a été décrétée « Année internationale des coopératives » par l’ONU. En quoi les coopératives sont-elles d’actualité aujourd’hui ?
J.V. - Les valeurs coopératives nous rappellent que l’entreprise est d’abord destinée à produire des biens et des services, à structurer l’emploi et à créer du lien social. L’emploi et la solidarité devraient toujours primer dans la hiérarchie des valeurs de l’entreprise. Or on a le sentiment que la morale financière a perverti la société et ses repères moraux. Dans ce contexte les valeurs coopératives sont porteuses de sens. Elles peuvent inspirer une morale des affaires différente.
Vous avez analysé la coopération dans plusieurs ouvrages…
J.V. - Beaucoup de coopératives se sont formées dans l’entre-deux guerres. Elles ont été un lieu de création de valeurs et de solidarités, permettant notamment à des agriculteurs d’un même territoire de se regrouper pour peser davantage sur les marchés.
Elles proposent un outil de gestion performant, qui peut aussi être mis au service de
la santé, de l’éducation ou du microcrédit.
Les coopératives sont-elles la solution à
« la crise » ?
J.V. - Les coopératives participent de la stabilité de l’économie. En témoigne leur taux de viabilité nettement supérieur aux entreprises
« classiques ». Elles permettent aussi à des salariés de sauver leur entreprise en difficulté : la reprise d’entreprise sous forme de SCOP fonctionne souvent assez bien.
Cela étant, je ne crois pas en l’existence d’une solution unique. Pour reprendre la métaphore
d’Henri Mendras, le monde qui jadis était « rigide comme un tapis de croco » s’est transformé en une « écharpe de soie ».
Il faut accompagner ce monde plus souple, en faisant coexister initiatives collectives et individuelles. C’est le défi du monde moderne.
*Jean Viard, sociologue spécialiste de l’analyse
du travail, du temps libre et de l’aménagement du territoire, est aussi un connaisseur du monde coopératif.
Propos recueillis par Gilles Vanderpooten (Reporters d’Espoirs).
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Les coopératives, des entreprises pour un monde meilleur.
ONU