Dossier sur l’année des coopératives

Dossier spécial n°4 : Producteur d’énergie ou « énergiculteur », un métier d’avenir

Depuis 1999, Clément Loing, qui élève une quarantaine de vaches, produit aussi de l’énergie : hydraulique, thermique et solaire. Témoignage, au cœur de sa ferme des Schalandos, en Alsace, à une vingtaine de kilomètres de Colmar (Haut-Rhin).

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-  Comment êtes-vous devenu « énergiculteur » ?

Tout a commencé par la remise en état d’installations hydroélectriques, dans le village de Lapoutroie (422 mètres d’altitude).
Au début, ce n’était pas un besoin, j’avais juste envie de relancer de petites centrales, qui avaient servi pour une scierie et un métier à tisser.
Et produire une énergie propre se marie plutôt bien avec ma pratique d’une agriculture biologique. Ensuite, en 2000, je me suis mis à produire des copeaux de bois destinés au chauffage.
Avec l’objectif, avant tout, de valoriser le bois coupé lors de l’entretien des terrains et qui ne pouvait être commercialisé. Puis, des membres de ma famille et des particuliers en ont voulu. Ils sont devenus mes clients aujourd’hui. Et il y a deux ans, nous avons optimisé nos capacités, avec l’installation de 1 000 m² de panneaux photovoltaïques sur un hangar agricole.

-  Comment avez-vous avancé sur votre projet ?

J’ai eu besoin d’un apport important. La Banque Populaire d’Alsace a accepté de m’accompagner pour financer une microcentrale hydroélectrique, mais aussi pour acquérir les modules solaires à hauteur de 600 000 euros, un second investissement qui sera amorti en 10 ans.
Elle m’a prêté de l’argent à un taux intéressant, grâce au dispositif PREVAIR, spécifique aux équipements écologiques. Je lui suis très reconnaissant de son soutien, d’autant que lorsque j’ai lancé mon projet, le secteur du photovoltaïque connaissait des difficultés.

-  Quel bilan pouvez-vous dresser à ce jour ?

Avec l’eau, je produis 600 000 kWh/an, soit 20 fois plus que ma consommation et grâce au solaire, 100 000 kWh/an. Le plus compliqué reste l’administratif : autorisations, contrats de vente à EDF... Cela peut en décourager beaucoup. D’ailleurs, beaucoup d’agriculteurs de la région viennent me poser des questions. Même si le développement de la filière solaire s’est ralenti depuis l’année dernière, à plus long terme, le métier d’énergiculteur prendra de plus en plus d’ampleur.

Propos recueillis par Aurélie Darbouret, avec Reporters d’Espoirs

+ Lire le dossier spécial n°5 : Le jeu au service de la création d’entreprises artisanales

 
 

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